Jeudi 02 Septembre 2010
   Dossiers    Publié le: 18/12/2009
Mauvais Samaritain
Quand il est parvenu au pouvoir, Le Premier d’entre nous, en grand naïf qui s’ignorait, il a cru que les caisses de l’Etat étaient inépuisables. Il a commencé à distribuer des pactoles à ses amis les plus proches. Sans s’oublier, bien, sûr ! La charité était bien ordonnée. Ensuite, il a commencé à faire des promesses ici et là. Il pensait ou du moins il voulait laisser croire que ses prédécesseurs, par méchanceté n’avaient pas voulu augmenter la rémunération des travailleurs. Le grand justicier était arrivé qui allait donc réparer tous les torts de l’humanité. Des acteurs de la scène politique qui, pourtant, avaient vu mieux, se sont mis, naïvement, à élaborer des théories brumeuses autour de sa légendaire générosité. C’était même à croire que sur bien des choses, il dépassait le Vieux crocodile de Yakro, de plusieurs longueurs. Et puis est arrivé, le délai fixé, le jour de la distribution. Les travailleurs ont attendu, attendu que se réalisent les différents ajustements salariaux promis par le socialiste le plus grand de notre pays. Ils ont attendu, ils n’ont rien vu venir. Aucun bruit ne laisse présager le respect de la parole donnée. La honte et la désillusion ont fait place à la colère. Ils se sont faits avoir par celui dont on disait que de sa bouche ne sortait que la vérité. Le plus grand opposant de tous les temps avait promis de donner à ceux qui le sollicitaient, ce qu’il n’avait pas. Naïvement, il avait cru que les caisses de l’Etat se remplissaient d’elles-mêmes de façon discontinue. Et qu’il suffisait d’appuyer sur le bouton pour que la machine à sou se mette en branle. Le Grand naïf, quand il est parvenu au pouvoir, ne savait rien du fonctionnement de l’Etat. Plus par ignorance et donc par incompétence que par naïveté naturelle, il s’est mis à jongler avec le pays et ses habitants comme un enfant qui vient de recevoir un jouet pour la Noël.
Le Grand naïf voulait jouer au bon Samaritain. Or, dans la vie, il est des choses qui ne s’improvisent pas. Et tout ce que l’on fait avec des arrières pensées finit toujours par vous retomber dessus. Voilà donc, celui qui pensait que les caisses de l’Etat étaient des sources d’argent intarissables, pris à son propre piège. Se voulant généreux, il s’est révélé dépensier à outrance et dangereux pour la survie du pays. Dans les locaux du confrère gouvernemental, pensant attendrir le bon peuple de Côte d’ Ivoire sur ses erreurs de gestion, il a fait l’humble. A présent, il refuse de reconnaître que c’est lui qui a créé cette situation de grèves interminables. Cacher le naturel, il revient au galop. Heureusement que l’élection présidentielle n’est pas loin. La sanction du peuple non plus.
Raoul Mapiéchon


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