Jeudi 09 Septembre 2010
   Economie    Publié le: 09/03/2010
Hamed Bakayoko :
“Le secteur est le plus grand pourvoyeur d’emplois”
Je vais, avant tout propos, demander à l’assistance d’avoir une pensée pieuse pour des personnes qui ont marqué notre mandat dans ce ministère et qui ne sont plus. Nous avons perdu le directeur de cabinet, M. Soro Karna. La veille de la formation du nouveau gouvernement, le chef de cabinet, Mme Kambiré est décédée et quelques jours avant, le secrétaire général du CTCI, M. Amos Kablan, qui est l’un des plus grands experts des télécommunications de notre pays, est décédé. Je voudrais, sans vous obliger à vous lever, vous demander d’accorder une minute de silence en leur mémoire.
Monsieur le secrétaire général, Monsieur le ministre Houga Bi Jacques, je voudrais au nom de l’ensemble de mon cabinet, des responsables des structures rattachées, vous adresser nos sincères félicitations pour votre nomination au poste de Ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, et vous adresser tous nos vœux de succès. Je voudrais vous assurer de la disponibilité de tous pour vous accompagner dans cette mission au service de l’Etat. Je voudrais vous assurer également de ma disponibilité personnelle pour vous aider, pour vous donner des conseils si vous en avez besoin, pour vous donner quelques éléments que la gestion de ce poste. En tout cas, je voudrais vous assurer de ma disponibilité pleine, totale et entière et celle de l’ensemble des membres du cabinet.
A ce ministère, nous avons eu pendant sept ans à travailler sur des dossiers importants. Nous avons, au niveau des télécommunications, travaillé sur la libéralisation, la deuxième étape de la libéralisation qui a coïncidé avec la fin du monopole de Côte d’Ivoire Télécom en 2004. Au niveau des NTIC, nous avons travaillé avec l’Agence et des experts, à rédiger des textes qui ne sont pas encore au Parlement, mais qui devraient l’être. Au niveau de la poste, nous avons aidé à mettre en place un plan de redressement parce que la Poste de Côte d’Ivoire a connu des moments difficiles, dus à trois facteurs principaux: d’abord la Poste elle-même est structurellement déficitaire et les ressources de la poste ne sont pas suffisantes pour couvrir ses charges. Ensuite, l’Etat s’est engagé lui-même à lui apporter un soutien qui n’est pas venu à temps. Et également, il y a un produit phare des services postaux qui permet l’équilibre dans le mouvement, le chèque postal, a été récupéré par la CECP, mais qui ne contribue pas à l’équilibre financier de la poste. Donc aujourd’hui, nous avons engagé, avec la direction générale, le Conseil d’administration de la Poste un plan de redressement et il est déjà sur la table du secrétaire général du Gouvernement dans l’attente d’être programmé.
Donc, je voudrais également ajouter que nous avons un secteur de télécommunication qui est très dynamique. La plupart des opérateurs font une grande contribution dans le produit intérieur brut du pays. C’est le secteur qui a le plus fort taux de croissance. C’est un secteur qui est le plus grand pourvoyeur d’emplois directs. C’est le secteur qui quand vous avez une activité culturelle ou sportive, est le sponsor, est donc le moteur de ces activités. Donc je vous invite à continuer dans cette lancée et à faire en sorte que notre secteur soit au rendez-vous de la dynamisation de la vie sociale de notre pays. Nous avons également en chantier, la rédaction d’un nouveau Code de télécommunications qui a été lu et réélu plusieurs fois. Nous avons déjà rédigé le projet d’ordonnance sur la cybercriminalité, le projet d’ordonnance sur les rayonnements non ionisants, le renforcement du cadre réglementaire existant, etc. Je pense que les experts du ministère se feront un plaisir de vous faire le point en détails de tous ces dossiers et que je vous invite à poursuivre pour le bonheur de notre secteur. Je voudrais également vous dire que notre secteur a connu une forte croissance dans le domaine de la téléphonie. Aujourd’hui, nous avons à peu près 10,5 millions d’abonnés contre 3 millions en 2008. Nous avons un secteur où les prix ont baissé. De 2007 à 2009, les appels intra-réseaux sont passés de 180 à 100 francs, de 280 à 95 francs pour ce qui concerne l’inter-réseau. Les appels internationaux ont également baissé de 350 à 236 francs. Et pour la téléphonie fixe, on est passé de 249 à 50 francs sur toute l’étendue du territoire et à l’international, on est passé de 1650 à 206 francs. Nous avons aussi, au niveau de la couverture des réseaux fait beaucoup d’efforts. Tous les départements, toutes les anciennes sous-préfectures, tous les grands axes routiers du pays ainsi que de nombreuses zones rurales sont dans le réseau de télécommunication grâce au dynamisme et à l’investissement des opérateurs.
Par ailleurs, nous avons travaillé à l’interconnexion de la Côte d’Ivoire avec les pays frontaliers dont le Mali, nous étions nous-mêmes à la frontière pour la cérémonie. Pour le Burkina-Faso, c’est entièrement réalisé et celle du Ghana est en projet. Donc c’est un bilan d’un secteur qui est en pleine croissance, en pleine activité et je souhaite que vous lui apportiez un coup d’accélérateur. Aujourd’hui, nous avons deux projets phares que nous sommes en train de suivre avec le Gouvernement chinois qui nous a octroyé un prêt d’à peu près 15 milliards pour la mise en place de ce qu’on appelle la Gouvernance électronique. Les équipes vous donneront les détails sur l’avancement de ces projets. Nous avons travaillé à la mise en place d’un cadre institutionnel de pilotage, qui est piloté par la Primature et un arrêté du Premier Ministre a déjà été pris dans ce sens. Nous avons beaucoup travaillé à la création des conditions de confiance du citoyen dans la nouvelle politique des télécommunications : comment sensibiliser les ivoiriens afin qu’ils réalisent que cet enjeu-là est un enjeu de développement, un enjeu de réduction de la pauvreté, un enjeu pour les ivoiriens ? Nous avons un programme national du TIC et de l’éducation. C’est-à-dire voir comment dans les écoles on puisse intégrer un programme de TIC pour que dès le primaire, on puisse avoir un programme élémentaire de formation, nous avons le projet panafricain de service en ligne, etc. Nous avons aussi le projet de la téléphonie rurale qui est financé à hauteur de 45 milliards par le Gouvernement chinois. Les conventions de prêts sont déjà signées. Je souhaite que vous et votre équipe, puissiez accélérer tous ces projets pour le bien- être de notre population.
Je voudrais avant de clore mon propos dire un grand merci, au Secrétaire général du Gouvernement pour les liens que nous avons eus dans le cadre de cette activité gouvernementale et pour l’efficacité avec laquelle nous avons travaillé. Je souhaite que mon successeur puisse bénéficier de vos conseils. Avec vous, nous avons réussi à faire élire notre compatriote, comme Secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications, au Sommet de Tripoli et c’est grâce à la vigilance du Secrétaire général du Gouvernement parce que nos adversaires, les sud-africains, avaient levé une exception juridique et le Secrétaire général, par un coup de fil, nous a donné le tuyau pour parer à cela. Donc je souhaite vivement qu’il maintienne sa collaboration avec les NTIC. Donc Monsieur le Secrétaire général merci. Merci aussi à vous tous mes collaborateurs. J’ai eu beaucoup de plaisir à être votre ministre. Je ne crois pas que ce soit la fin pour moi. Il ne faut pas voir ce genre d’événement comme un deuil. Au contraire, c’est une étape. On a fait sept ans ensemble. Demain, d’autres challenges nous attendent.
Je vous remercie


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