Jeudi 11 Mars 2010
   Politique    Publié le: 02/02/2010
Médias : La presse ivoirienne en deuil
Criwa Zéli a tiré sa révérence
C’est une chape de plomb! Toute la Côte d’Ivoire, et singulièrement le monde des médias s’est réveillé, hier matin, avec la triste nouvelle du décès de Paulin Criwa Zéli, Président du Conseil exécutif de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) à la Polyclinique Internationale de l’Indénié- Abidjan- Plateau. L’information qui s’apparente à un véritable coup de massue, pour tous les travailleurs de la presse ivoirienne, a vite fait de se répandre comme une trainée de poudre. De sources proches du Conseil Exécutif de l’UNJCI, c’est précisément à 2H45mn que Criwa Zéli a poussé son dernier souffle dans cette clinique où il a été admis dans la nuit du lundi dernier. En tout cas, c’est une disparition qui laisse pantois tous les journalistes et autres professionnels de la communication car Criwa, jusqu’à une date très récente, ne montrait aucun signe de maladie. Elu à l’issue du Congrès ordinaire des 4 et 5 avril 2009, en remplacement d’Amos Béonaho, Criwa Zéli a, avec le Conseil exécutif qu’il préside, joué des coudes. C’est avec un véritable ahan que lui et son équipe sont parvenus à organiser, en moins de quatre mois d’exercice, la traditionnelle "Nuit des Ebony" qui récompense les meilleurs journalistes de l’année. Suite à cette débauche d’énergie, Criwa apparaissait suffisamment émoussé. Il était même sur bien d’autres fronts pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des journalistes et des autres professionnels des médias. C’est pourquoi, le 13 janvier dernier déjà, il exhortait en ces termes les patrons de presse : « Cette année, appliquez la Convention Collective». Les membres de son bureau, qui le savaient fatigué, l’avaient contraint au repos. Il lui a même été recommandé de se retirer d’Abidjan. Ce qu’il fit tout juste après les fêtes de fin d’année en se tenant loin des bruits et du stress. Eloigné des coups de fil et de la paperasse de sa rédaction et de son bureau à la Maison de la presse au Plateau, l’on pensait que le président de l’UNJCI se remettrait d’aplomb, que non !
Il part dans la fleur de l’âge,
au moment où une lueur
d’espoir point à l’horizon
Après l’annonce de son décès, les membres du Conseil exécutif conduits par Mam Camara, 1er Vice- Président de l’UNJCI, en accord avec M. Nady Rayes, PDG du Groupe Olympe, employeur de Criwa Zéli, ont fait transférer la dépouille à la morgue de la société Ivoire Sépulture (IVOSEP- Treichville) sur le coup de 11H. En attendant d’arrêter le calendrier des obsèques, l’UNJCI a tenu une réunion d’urgence, hier à la Maison de la presse à la suite de laquelle un communiqué a été publié pour informer l’opinion nationale et internationale de la disparition de son président.
Celui qui vient de tirer sa révérence était un pur produit de la presse ivoirienne. Son engagement à redorer le blason du journaliste ivoirien l’a amené à faire toutes "ses classes" au sein de l’UNJCI dont il a, plusieurs années durant, assuré le Secrétariat général avant d’occuper la présidence du Conseil exécutif. Syndicaliste dans l’âme, Criwa a été à la création du Syndicat National des Agents de la Presse Privée de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI). Il a été aussi le tout premier Secrétaire à la Revendication du Bureau national et le SG de la section du Groupe Olympe sous le mandat de feu Cendres Glazaï, premier Secrétaire de ce syndicat. La disparition de Criwa reste une grosse perte pour la presse ivoirienne. Il est arraché à l’affection de tous au moment où de grands chantiers tels que la Convention collective, le Fonds de Soutien et de Développement de la Presse (FSDP), la Carte du journaliste professionnel, le projet « Un journaliste, un toit » et bien d’autres sont en friche. En plus des milliers de confrères, Criwa Zéli laisse quatre enfants et une épouse inconsolables. Le Patriote présente ses condoléances les plus attristées à la famille biologique ainsi que la famille professionnelle de l’illustre disparu.
Réactions
Dénis Zion Kah
(Président du GEPCI)
« C’est une grande perte pour la presse ivoirienne ! »

« En vacances à Toulepleu, j’ai eu l’information à 5 h 30 ce matin. Une véritable consternation. Une grosse perte pour la presse ivoirienne et africaine. Criwa Zéli, chef de service au Groupe Olympe, combattant infatigable de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire, Secrétaire général puis Président du Conseil exécutif de l’Union nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. C’est un garçon de bonne tenue aux attaches cordiales, au niveau fraternel que professionnel. Depuis un certain temps, nous nous rencontrions souvent pour voir dans quelle mesure, l’Etat de Côte d’Ivoire pouvait apporter son concours aux Editeurs de presse afin que les journalistes puissent travailler dans des conditions idoines. Il avait pris fait et cause pour l’amélioration des conditions de vie des journalistes de Côte d’Ivoire par le biais de l’application de la convention collective. On devait se revoir pour poursuivre les discussions. C’est une perte pour la Côte d’Ivoire. Au nom du GEPCI(Groupement des Editeurs de presse de Côte d’Ivoire), nous formulons nos condoléances les plus attristées à la famille, au groupe Olympe, au Conseil exécutif de l’Union nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire et à la grande famille de la presse ivoirienne. Le GEPCI sera à toutes les étapes de l’organisation des obsèques afin qu’ensemble, nous rendions un vibrant hommage à ce journaliste professionnel. Je suis obligé d’écourter mon séjour, je rentre dès demain sur Abidjan. »

Eugene Dié Kacou
(Président du Conseil national de la Presse)
«Je suis choqué »

« C’est difficile de réagir. Car, c’est un décès (il est presqu’au bord des larmes). Cela me ramène un an en arrière. Jour pour jour, la presse ivoirienne perdait Diégou Bailly. Aujourd’hui 2 février c’est Criwa qui nous quitte. Qu’est-ce qui se passe ? J’espère que les choses vont s’arrêter là au niveau de la presse. Je suis consterné et au nom du CNP(Conseil national de la presse), nous présentons nos condoléances les plus attristées à la famille, à son épouse et au conseil exécutif de l’UNJCI. Au moment venu, le CNP fera un communiqué. »

Guillaume Gbato
(SG du Synappci)
«C’est un autre jour noir pour la presse ivoirienne »

« Nous sommes tous abattus, atterrés par cette triste nouvelle. C’est un autre jour noir pour la presse en Côte d’Ivoire d’autant plus que le président de l’UNJCI est quelqu’un qui occupe la scène du mouvement associatif dans le milieu de la presse depuis de longues années. Il a intégré l’UNJCI sous Diégou Bailly, puis a collaboré avec Honorat De Yédagne et Amos Béonaho (les présidents successifs de cette organisation) avant d’être élu Président. Il a été également le tout premier SG de la section Synappci du groupe Olympe. Il a été aussi membre du bureau national du Synappci au poste de SG à la Revendication. Pour nous, il a occupé des responsabilités de premier plan, il a apporté sa contribution à tous les acquis que la presse ivoirienne a aujourd’hui. Il y a quelques jours, lors de la rentrée de l’UNJCI, nous lui avons demandé de se reposer, parce que je le sentais fatigué et il m’avait donné des assurances. Je suis tout à fait surpris d’apprendre aujourd’hui son décès. Je voudrais saluer sa mémoire, présenter mes condoléances à toute sa famille, à ses collègues du groupe Olympe, au conseil de l’UNJCI et à l’ensemble des journalistes de Côte d’Ivoire et d’Afrique, puisqu’il siège dans certaines instances au-delà de la Côte d’Ivoire. C’est dommage, il part au moment où des chantiers importants nous attendent. Lui-même, en tant que premier responsable de l’UNJCI, il avait fait de l’application de la Convention collective, sa priorité pour l’année 2010. Parce qu’il disait que ce n’est pas normal que les journalistes ivoiriens soient dans cette situation difficile. C’est dommage que nous ayons perdu cet avocat qui part vraiment dans la fleur de l’âge ! C’est une grosse perte, le Synappci saura prendre sa place pour des obsèques dignes des services qu’il a rendus à la nation. C’est un gros travailleur, c’est un gâchis énorme, nous connaissons sa manière de travailler, il a été membre fondateur du Synappci, il a été membre de la presse diplomatique, membre de l’Union internationale de la Presse Française (UPF). Vraiment il était omniprésent dans presque toutes les associations de journalistes pour faire bouger les choses. En tout cas, nous présentons nos condoléances à toute sa famille. »

Loss Zoromé
(Directeur des rédactions du Groupe Olympe)
« Nous avons perdu
un frère, prions pour lui »

« Que dire ? C’est Dieu seul qui est maître de notre destin. C’est vrai, Criwa est président de l’UNJCI, mais, avant tout, il fait partie des plus anciens du groupe Olympe. A ce titre, sachez que c’est un frère que nous perdons (les yeux imbibés de larmes). La vie est comme un marché, chacun vient, il y passe et retourne à Dieu. Nous ne pouvons que prier pour lui. Tout à l’heure à IVOSEP, tous les amis de l’UNJCI étaient en larmes, nous avons essayé d’être forts en leur demandant que Criwa n’a plus besoin de nos pleurs, mais de nos prières afin que Dieu l’accepte au paradis. Au niveau des différentes parutions du groupe de presse nous nous organisons déjà pour lui rendre un hommage mérité. »
Recueillis par
Jean- Antoine Doudou


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