Il l’a dit, le Premier d’entre nous. Il ne veut pas aller à l’élection présidentielle comme un mouton. Pour lui, organiser cette consultation dans l’état actuel des choses, signifie sa défaite et donc son départ du palais. Comme un mouton, il serait sans défense devant une opposition visiblement majoritaire dans le pays. Donc, il veut tout faire pour s’assurer une victoire malgré le fait minoritaire de son camp. Sous son impulsion, alors qu’il criait par ailleurs sa volonté d’aller vite, vite à la consultation générale, ses séides ne lésinaient pas sur les moyens pour empêcher la survenue de la présidentielle. On les a vus saboter les audiences foraines. On les a vus faire voler le matériel des agents d’identification et d’enrôlement. On les a vus se lancer dans une opération illicite de fabrication de faux jugements supplétifs. Opération par laquelle ils comptaient inonder et noyer l’administration ivoirienne. Aujourd’hui, on les voit tirer à boulet rouge sur le président de la CEI dont le seul tort, en réalité est de n’avoir pas accepté de se coucher devant le Grand généreux. Surtout de mener les travaux de l’institution dans la plus grande clarté et efficacité. Son seul tort est de faire apparaître à l’horizon, la tenue de la fameuse présidentielle, synonyme de fin de parcours pour « l’enfant des élections ».
Le plus grand opposant de tous les temps ne veut pas aller à l’élection comme un mouton, mais il souhaite que les leaders de l’opposition s’y rendent comme des poulets. Ainsi, il pourra les plumer facilement. Actuellement, tout le débat se trouve à ce niveau. Le refondateur sait qu’il ne peut pas remporter l’élection présidentielle selon les résultats sortis des urnes. Alors, il veut une CEI à sa solde. Une commission électorale serviable et corvéable à souhait et qui pourra le proclamer vainqueur envers et contre tout. L’actuel président de cette institution ne semble pas avoir les qualités nécessaires pour jouer ce rôle. Quelqu’un avait déjà prévenu que les Ivoiriens n’iront à la présidentielle que si l’actuel locataire de notre palais est sûr de la remporter. Une analyse dont on découvre en ce moment, toute la justesse. Le favori des sondages ne veut pas concourir à la normale. Il veut piper les dés avant que le jeu ne commence. Il ne veut pas être le mouton mais, le boucher. Malheureusement pour son camp, il n’est pas seul dans l’arène. Et il y a longtemps que le monde entier a découvert son jeu. Ce qui n’est pas fait pour simplifier les choses. Si le bon peuple de Côte d’Ivoire ne souffrait pas de la situation, on aurait laissé le professeur d’histoire tournoyer jusqu’à ce que, pris de vertige, il revienne à la réalité du terrain. Toute chose a une fin.
Raoul Mapiéchon