La démocratie avance partout dans le monde sauf assurément, sur le Continent africain, où l’on assiste, depuis un bon moment, à des schémas pas du tout reluisants. Il se passe comme si ce démiurge des temps nouveaux ne fait nullement partie de nos réalités. Faut-il donner raison au président Chirac, qui, en son temps, a provoqué la levée de boucliers sur le continent, quand il a déclaré que « la démocratie était un luxe pour l’Afrique » ? A la vérité, si nous continuons de croire que la démocratie est une donnée universelle, il va sans dire que les images que nous donnons à voir, n’incitent point à l’optimisme. Très souvent, sur le continent, ceux qui naguère, se présentaient comme des icônes de la démocratie et de l’alternance au pouvoir, ne finissent pas de nous montrer des visages hideux. Récemment en Algérie, le président Boutéflika a amendé la Constitution de son pays, parce qu’il ne veut pas quitter le pouvoir. Il vient d’être élu pour la troisième fois consécutive. Sans gloire. Le même schéma est en voie d’être réalisé au Niger, où le président Mamadou Tandja aspire, lui aussi, à un troisième mandat, pour répondre, dit-il, à la volonté exprimée par son peuple. Au Sénégal, l’ancien opposant au pouvoir, Abdoulaye Wade vient d’intégrer son fils Karim, dans le jeu politique, en lui octroyant un super ministère. Personne n’est dupe. La transmission du pouvoir par héritage se dessine très visiblement. Que dire du Togo, où les enfants du Général Eyadema s’entredéchirent pour la Magistrature Suprême. Chez nous également, l’alternance est en danger. L’ancien opposant historique, resté près de dix ans au perchoir, sans élection, n’est pas prêt de mettre son fauteuil en jeu, sûr d’essuyer une cinglante défaite. Ainsi va l’Afrique où les différents processus de paix ou de démocratie sont en panne, en hibernation considérable. Or, il faut en sortir et aller de l’avant, au nom des peuples, pour qui, l’on prétend prendre le pouvoir et que l’on n’hésite pas à conduire dans toutes sortes de compromissions et de tragédies
Par BAKARY NIMAGA