Jeudi 02 Septembre 2010
   Editorial    Publié le: 10/05/2009
ADO, l’espoir du renouveau
Les citoyens américains ont donné l’exemple en élisant le 4 novembre dernier, à la présidence de leur pays, Barack Obama. Les Etats-Unis d’Amérique ont lancé un signal fort à l’ensemble du monde mais surtout du continent africain encore marqué, en cette année 2009, par des conflits ethniques et xénophobes. Les espoirs que suscite la présidence de Barack Obama sont grands. Bien mieux, son élection a séduit positivement parce qu’il s’est agi-là, pour la première fois dans l’histoire de ce grand pays, de confier les rênes de la première puissance économique, militaire et politique mondiale à un jeune sénateur de 48 ans, entré en politique au plan national, en 1996. Au fait, Obama a moins séduit ses compatriotes par son personnage non-conformiste, du fait de ses origines, que par son discours plein d’audace et de volontarisme : « Yes, we can », a-t-il lancé à l’endroit de son peuple confronté à la deuxième plus grande récession économique de son histoire après celle qui déferla sur le monde capitaliste en 1929. L’Afrique a-t-elle retenu la leçon des Etats-Unis ? La réponse parait, certes, peu évidente. Mais, elle le doit. Pour son salut, le continent africain n’a d’autres voix et d’autres choix que de faire confiance à des leaders qui privilégient l’action au verbe.
Notre pays, la Côte d’Ivoire, est attendu sur ce terrain. Si les choses se déroulent comme souhaitées par la majorité des citoyens, les Ivoiriens seront appelés, dans quelques mois, en tout cas avant la fin de 2009, à se rendre aux urnes pour choisir leur nouveau Président de la république. Ce serait un instant décisif. Il faudra, en ce moment là, réfléchir. Et comme le dit le groupe de jeunes et talentueux rappeurs, « Garba 50 », la question sera de savoir : « qui doit être le Président ? » Il n’y a pas plusieurs réponses à une telle question. La classe politique ivoirienne, en effet, dans l’éventail des candidatures, putatives ou déclarées, n’offre, en réalité, pas d’embarras. Il y a, d’une part l’un et, d’autre part, les autres. D’un côté, Alassane Ouattara et de l’autre, une dizaine de candidats dont les discours s’assemblent et se ressemblent, se singularisant par les invectives, les injures, les appels à la haine, les attaques. Alassane Ouattara a un avantage qui l’identifie du reste des candidats.
Il a géré une crise politique et économique. Il connait le monde et sait comment il fonctionne. Il sait ce que veut dire une crise financière mondiale! Ceux qu’il a en face de lui, ne sont, malheureusement, que des professionnels de la politique, des « profs » qui sont aux affaires aujourd’hui. Ils maîtrisent la rhétorique, mais ne connaissent pas la réalité des rouages de l’Economie. Ils ne savent rien faire d’autre que la politique et cherchent par tous les moyens à s’enrichir et à perpétuer leurs mandats.
Sa solide formation universitaire et sa riche expérience professionnelle dans les plus hautes institutions financières du monde (BCEAO, Banque Mondiale et FMI) ainsi que ses trois années de Primature passées aux côtés du « cerveau politique de première ordre » que fut Félix Houphouët-Boigny, lui permettent, aujourd’hui, de s’affirmer comme un homme d’Etat.
Samedi dernier, il l’a démontré dans toute sa plénitude. Peut-être du fait de sa formation et de son éducation anglo-saxonnes, Ouattara est un homme pragmatique. Yopougon, la plus grande cité de la Côte d’Ivoire, réputée à tort ou à raison, être une commune de la joie et de la fête a eu la chance d’écouter le premier de ses discours dans la précampagne. Le président du RDR avait face à lui, plusieurs dizaines de milliers de jeunes, dont certains vivent dans des conditions presque inhumaines dans les quartiers défavorisés que sont Sicobois, Yaosséhi, Doukouré, Koweit, Jérusalem, Gbinta, …Il a refusé, comme les autres, de verser dans la manipulation. Plutôt, ADO s’est affirmé comme le commandant en chef des jeunes. Six cent milliards de francs CFA seront investis pour leur épanouissement social. Il ne s’est pas contenté de donner des chiffres. Mais, l’ancien Directeur général adjoint du Fonds monétaire international a prévu le financement de son programme dont les investissements sont chiffrés, sur cinq ans, à quelque mille milliards de franc CFA. Somme astronomique ? Certainement. Mais, « impossible n’est pas Ouattara », pourrait-on dire. Toute sa vie professionnelle, le président du RDR l’a passée au chevet d’économies en difficulté. Il a réussi à repositionner sur le terrain de la compétitivité des pays comme le Brésil, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Indonésie, la république de Corée, sans oublier son pays, la Côte d’Ivoire. Que serait devenue l’ancien « miracle économique de l’Afrique de l’Ouest » si le « Docteur » n’était pas arrivé en 1989, aider le Président Houphouët à contenir la fronde sociale ?
Les Ivoiriens, on le sait, ont une formidable capacité à se transcender et à transcender les clivages. Ce qu’ils voient maintenant avec Alassane Ouattara, c’est un enthousiasme partagé dans le monde entier. Ils ont cette opportunité à saisir. Après les errements de la Refondation, Ouattara représente un renouveau de jeunesse et d’espoir
PAR CHARLES SANGA


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