Jeudi 28 Aout 2008
   Politique    Publié le: 24/07/2008
Cherté de la vie : Malgré les décisions du gouvernement
Les prix des denrées alimentaires grimpent, grimpent…
C’est une bien triste réalité. Toutes les mesures prises par le gouvernement pour atténuer la cherté de la vie, n’ont eu aucun effet bénéfique pour les consommateurs. Les prix des denrées alimentaires n’ont pas connu de diminution sur les marchés. Au lendemain des premiers remous sociaux, le gouvernement avait pris des mesures visant à faire baisser les prix des produits de première nécessité. Notamment le riz, le lait, l’huile, la farine. Ces mesures concernaient essentiellement la diminution de la TVA et la suppression d’un certain nombre de taxes maritimes. Malgré ces annonces, les prix restent inchangés. Le kilogramme de riz à 400 F CFA et plus, le litre d’huile également. Avec l’augmentation récente du prix du carburant, et malgré la décision du gouvernement de réduire les prix du gasoil et du pétrole lampant, le phénomène a pris de l’ampleur. Et s’est même étendu à d’autres produits, tels que la tomate, l’oignon, l’aubergine, qui sont hélas devenus des produits de luxe pour le consommateur moyen. Au marché de Treichville, les commerçantes vendent le tas d’aubergine composé de quatre boules moyennes à 300 F CFA. Les plus grosses boules sont vendues à 500 F CFA le tas. Commerçante d’aubergine, au marché de Treichville, Katherine explique que c’est le seul moyen pour rentrer en possession de ses fonds et de réaliser des bénéfices. « Je vais prendre le sac d’aubergine à 12000 F CFA au marché gourou d’Adjamé. Je donne 100 F au petit coxer qui le dépose à la gare de wôrô-wôrô. Avant le wôrô-wôrô prenait le sac à 150 f et moi-même à 300f. Aujourd’hui, on prend le sac à 200f et le passager à 350f. Une fois à Treichville, je donne 50 f au petit qui doit transporter le sac jusqu’au marché », relate t-elle. De ce fait la marge bénéficiaire sur un sac, ajoute Youan Odile, voisine de Katherine est très maigre. « On peut vendre un sac pendant deux jours. Souvent plus. Et on gagne tout au plus 2000 f comme bénéfice », indique Youan Odile. Avant de poursuivre : « c’est parce que nous ne pouvons pas rester à la maison. Sinon attendre deux à trois jours pour gagner 2000 f, alors qu’il faut payer des taxes à la mairie, se nourrir et nourrir les enfants, c’est vraiment dur ». Commerçante de tomate au marché de Koumassi, Fatou connaît également les mêmes difficultés. Le kilogramme de tomate qu’elle payait à 100 f à Adjamé est passé à 700 f. Le kilogramme d’oignon de 200 à 350 f.

A quand les vraies mesures ?

Qu’ils soient commerçants ou consommateurs, tous se posent la même et seule question. Pourquoi les mesures prises par le gouvernement ne sont pas traduites sur le terrain. « Regardez on me vend ces quatre petites carottes à 200 f. Le Kilogramme de viande est à 2000 f. Celui de la tomate est à 1200 f. Six bananes plantains font 500f. Le marché est plus que cher. Il n’y a plus de marché, on ne peut rien acheter », se lamente dame Pauline que nous avons croisé au marché de Treichville. Cette dernière qui avoue dépenser 100 000FCFA pour le marché d’une semaine, se demande comment se nourrissent aujourd’hui les pauvres, en Côte d’Ivoire. Pour elle, les différentes meures prises par le gouvernement n’ont pas d’effet immédiat sur la vie des consommateurs. « Les prix n’ont pas diminué sur le marché. Le prix du gaz a augmenté. Tout est à la hausse. Alors de quelles mesures parlent-ils et pour qui ?», s’indigne cette dernière. Comme quoi, les discours évoluent, mais le quotidien des Ivoiriens va, lui, de mal en pis.

Dao Maïmouna


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