Coup de tonnerre. La Société ivoirienne de raffinage, fleuron de l’industrie pétrolière ouest-africaine depuis des années, est dans la tourmente. Cette société, créée en 1962 et qui a accompagné le processus de développement de notre pays, broie du noir. Paradoxe : c’est au moment où la Côte d’Ivoire a découvert d’immenses champs pétroliers et que le fruit des exportations de ce produit égale, sinon supplante, celui des cultures agricoles que sont le café et le cacao, que la SIR rencontre des difficultés. C’est dire que la situation dans notre pays devient dramatique. Combien sont-elles en effet, les sociétés qui ont mis la clé sous le paillasson ou pour éviter de le faire, ont tout simplement, délocalisé leurs activités sur le Ghana ou le Sénégal, depuis l’éclatement de la crise ? 183. C’est le chiffre donné par le rapport Doing Business, du groupe de la Banque Mondiale qui mesure la réglementation des affaires dans le monde.
La Côte d’Ivoire se positionne à la 168ème place devançant seulement 14 pays. Mais, on constatera que des Etats comme le Togo, le Gabon, le Mali, le Burkina Faso et même le Liberia qui sort à peine de plusieurs décennies d’instabilité, connaissent un environnement des affaires mieux sain que celui de la Côte d’Ivoire. Evidemment, notre pays n’est pas à ce poste peu honorable du fait seulement de la guerre. La gestion actuelle des affaires de l’Etat par Laurent Gbagbo et son régime y est pour quelque chose. Si la SIR est aujourd’hui au bord de la faillite, c’est bien parce qu’une administration approximative l’y a précipitée. L’absence de transparence dans la gestion, le manque de contrôle des deniers publics et l’affairisme au sommet de l’Etat, contraingnent le pays aujourd’hui à reposer ses espoirs sur une hypothétique annulation de la dette dans l’optique de l’obtention du point d’achèvement de l’initiative PPTE.
Au propre comme au figuré, la Côte d’Ivoire sombre dangereusement dans le noir. Le secteur de l’électricité, autrefois envié de partout, du fait du succès de la réforme institutionnelle adoptée par l’ancien Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara, est aussi à la peine. Quelles sont les conséquences de ces nombreux cas de délestages qui plongent des jours durant, des pans entiers de l’activité industrielle et commerciale dans le noir ? Pourquoi brusquement, les prix du carburant grimpent alors que rien sur le marché international ne le justifie ? Le citoyen ivoirien est-il devenu désormais le souffre-douleur de la politique hasardeuse menée par Laurent Gbagbo ? Ce sont autant de questions qui méritent d’être posées dans le débat sociopolitique. Car, elles concernent l’avenir de chacun des 16 millions d’habitants de ce pays. Mais non ! Les Ivoiriens sont plutôt embarqués dans de faux débats politiques sans intérêt. Des questions politiciennes suscitées par le FPI qui rechigne à se présenter devant le peuple pour défendre un bilan qui n’existe, en réalité, que dans l’esprit de ceux qui veulent s’hasarder à le défendre.
La Côte d’Ivoire, conduite par une minorité qui a décidé de s’enrichir sur le dos du contribuable, fonce tout droit dans le mur. La seule voie de sortie du marasme reste la légitimation de ses institutions par l’organisation d’une élection présidentielle dans les brefs délais. Cette éventualité pourrait alors ouvrir les vannes à une reprise de l’activité économique, à l’entreprenariat, au commerce, à la création d’emplois et à la remise à flot des entreprises, gelée par les bailleurs de fonds.
Cette élection à venir pourrait être la porte d’entrée pour notre pays dans un deuxième cycle du miracle économique. Elle sonnera, à l’inverse, le glas de la Refondation. Car, Laurent Gbagbo et son système ont désormais démontré leur limite. Désorientés qu’ils sont dans les contradictions de la gestion naïve des affaires publiques. En plus d’être mauvais gestionnaire, le régime Gbagbo s’empêtre de plus en plus dans l’odieux concept de l’ivoirité s’emmêlant les pédales dans la xénophobie et le tribalisme. Toute dérive qui, il y a quelques années, a conduit le pays au chaos et vers le précipice du désespoir. Les Ivoiriens doivent savoir raison garder et ramener le gouvernement ivoirien à leurs vraies préoccupations. La vie devient de plus en plus chère. Les citoyens n’arrivent plus à se soigner. L’école ne marche pas comme il se doit. La justice peine à trouver la voie de l’indépendance. L’argent de pétrole qui devrait permettre de revoir à la baisse, le prix du carburant, est détourné, etc. Ce sont autant de questions sociales que le peuple ne doit pas perdre de vue. Tous les errements constatés ces dernières semaines, n’ont pour seul but que de faire la diversion. Car, par petites doses, notre pays est en train de mourir.
Dans le royaume du Monomotapa, le Mwené Mutapa, souverain et maître du royaume, était cloué au pilori, quand un malheur d’une extrême gravité, s’abattait sur le pays. La Côte d’Ivoire, depuis 2000 ne vit que de calamités : déchets toxiques, scandales financiers, détournement de fonds, pédophilie, incendies, faillite des entreprises…tout cela pour dire qu’il est temps d’aller aux élections afin de confier le pays à celui qui en a les aptitudes.
PAR CHARLES SANGA